jeudi 1 octobre 2009

Un manuscrit au Moyen Age

La Fondation Paul Getty avait organisé à Los Angeles il y a quelques années une très belle exposition thématique sur la fabrication de livres au Moyen Âge. On y décrivait les matériaux et techniques qui produisirent ces somptueux manuscrits enluminés. Enluminés parce que les images brillantes posées sur ces textes "faits main" sont appelées enluminures à cause de l'éclat de couleurs obtenu par l'or, l'argent, le minium (qui donna le nom de miniatures) et autres pigments utilisés pour les produire.

lettrine
L'exposition Getty séquençait les quatre étapes de la production, fabrication du parchemin, écriture, enluminure et reliure. Nous avons retenu cette présentation parce qu'elle est à la fois complète et concise. Remerciements au Getty Center.

Cette expo participe d'un programme plus vaste appelé "Making of" qui explore l'histoire des techniques dans divers domaines de l'art.


Fabrication du parchemin

confection du parchemin
La plupart des manuscrits médiévaux furent rédigés sur des peaux animales convenablement traitées appelées parchemins ou vellum. Le papier comme nous le connaissons ne fut diffusé en Europe qu'à partir de 1450. Les peaux étaient d'abord trempées dans une solution de chaux pour assouplir la fourrure ou la pilosité qui était ensuite complètement éliminée. Pendant son séchage au cadre tendu, la peau était raclée avec une lame incurvée. Au fur et à mesure du séchage les liens de tension étaient ajustés pour que la peau reste tendue. Ce passage au cadre pouvait être répété plusieurs jours jusqu'à obtenir l'épaisseur la plus mince possible.

L'image ci-dessus illustre la mise au cadre d'une peau d'astrakan appréciée pour sa souplesse et son grain. C'est un montage moderne.


Ecriture

réglage du parchemin
Après que la surface du parchemin ait été préparée, il était réglé (rayé) à la pointe de plomb ou par de l'encre colorée afin d'obtenir les guides d'écriture. Dans ce livre de prière on peut voir que le réglage très fin est fait à l'encre rouge. Les lignes servaient à la fois de guide au scribe et participait aussi au design de la page.
L'écriture était appliquée à la plume d'oie ou de cygne. L'extrémité de la plume était taillée en fendue pour former le bec d'écriture dans une largeur de trait voulue, en formant aussi un petit réservoir d'encre. Le résultat sur la feuille, lettre rondes ou angulaires, trait plein ou délié dépendait dd l'angle de taille du bec, de la longueur de fente et bien sûr de l'adresse du scribe.


Enluminure

enluminure du parchemin

Le terme vient du latin illuminare qui veut dire éclairer. Il décrit l'éclat, la lueur, créé par la mise en couleur de lettrines et images destinée à embellir les manuscrits, le plus souvent à base d'or et d'argent. Pour faire une enluminure, l'artiste traçait d'abord les contours du dessin à la pointe de plomb ou à la plume finement encrée. Puis il peignait les surfaces devant recevoir la feuille d'or avec une substance poisseuse comme de la glaise fine ou de la sève d'arbre par exemple. La feuille d'or (minuscule) était apposée au bon endroit et lustrée pour obtenir un reflet brillant qui étincelait quand la page était tournée. (note gracieuse du copiste : le transport de la petite feuille d'or se fait par électricité statique chargée sur une petite brosse en poil de chat que l'on frotte sur sa joue avant d'attirer la feuille posée sur un petit présentoir non magnétique ; l'adhésivité du dessin arrache alors la petite feuille à la brosse).

Au final l'enlumineur appliquait des teintes obtenues à partir de divers agents colorants comme les minéraux du sol, les teintures organiques extraites de plantes et certains colorants (al)chimiques. Ces pigments étaient d'habitude mélangés au blanc d'oeuf pour obtenir une teinture appelée "tempera". Le bleu soutenu de l'enluminure choisie ici vient certainement d'une poudre de pierre moulue tandis que le fond est une feuille d'or pur.


Reliure

reliure médiévale
Une fois les parchemins écrits et enluminés, ils étaient pliés et réunis en assemblages qui préfiguraient la mise en page du récit. Ces assemblages étaient cousus ensemble sur cordons ou lanières de cuir qui leur servaient de support. A la fin du cousage les extrémités des supports étaient lacées le long de rainures creusées dans les feuilles de bois qui formaient la couverture et le dos de l'ouvrage.

La reliure était d'habitude recouverte de cuir ou de tissu décoratif. Les ornement les plus surprenants du livre relié présenté ici sont les coins de métal et les médaillons en relief qui protégeaient le livre posé sur une surface quelconque ou un lutrin oblique. Le morceau de parchemin inséré dans le médaillon central était à l'époque de couleurs brillantes, en jaune, vert et bleu, créant ainsi un effet miroir coloré sur la couverture.

Le Getty Center est situé 1200 Getty Center Drive à Los Angeles (Californie).

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